Ecoutez le silence

Avant le brouhaha des fêtes de fin d’années, on s’accorde ce mois-ci un peu de calme en abordant la thématique du silence.

Nous verrons que ce dernier se révèle être parfois bien plus que l’allié du repos.

Mais alors qu’est-ce-que le silence ? Est-ce possible d’écouter le silence ?

Le silence se résume à une absence de son, ou aux vues du monde de plus en plus bruyant dans lequel nous évoluons, une absence de bruit, de parole.

En effet, le silence, sous sa forme absolue, n’existe simplement pas sur Terre.

Même dans les salles dites totalement silencieuses, celui-ci reste relatif.

Mais alors quels silences expérimentons-nous au quotidien ? 

Le silence en 2021

De nos jours, le silence se fait rare. Notre monde, en perpétuel mouvement et évolution, ne cesse de déborder de bruits. 

Ce niveau élevé de pollution sonore peut mener à des maux de têtes répétitifs, des dépressions, de l’hypertension artérielle, des AVC, des maladies cardiovasculaires et au fil des années des pertes d’audition.

Tant et si bien que ces dernières décennies, avec la commercialisation de nombreux accessoires d’écoutes de musique, les cas de perte d’audition chez les plus jeunes ont explosé.

Ces derniers écoutent de la musique de plus en plus fort. Ils ne connaissent plus le silence, ils sont continuellement soumis aux bruits. 

La première cible de cette pollution sonore est notre cerveau.

Ce fléau se reproduit au travail, où les open-spaces se multiplient et deviennent une norme. Le silence n’est pas disponible, nous finissons par travailler dans un bruit constant, chacun parle, bouge, raconte son week-end ou tout autre sujet. Pour certaines personnalités, ce brouhaha devient plus oppressant que pour d’autres. 

C’est une fatalité, le silence est devenu un luxe. Et cela affecte notre bien-être, bien plus qu’on ne pourrait le croire.

Laissez la parole au silence.

Le silence est initialement notre allié. Il nous permet de renouer le contact avec notre soi intérieur, et par extension de développer une sensibilité à ce qui nous entoure, que ce soit avec la nature ou nos semblables. Il nous aide à établir un lien, une connexion. Et tout cela affecte notre bien-être.

En effet, le silence permet de laisser reposer notre cerveau, qui, lorsqu’il est soumis au bruit, sécrète des hormones liées au stress comme l’adrénaline ou le cortisol.  Des neuro-scientifiques démontrent que le cerveau a régulièrement besoin de silence afin d’éliminer les toxines.

S’autoriser des moments de silence au fil de la journée, se préparer au sommeil dans le silence sont autant d’actions qui améliorent notre bien être et/ou la qualité de notre sommeil alors réparateur.

S’accorder deux minutes de silence par jour permettrait de ralentir notre rythme cardiaque et ainsi reposer notre cœur. Ajoutez cela, la diminution du stress et l’amélioration du sommeil cités plus tôt et vous trouverez dans le silence un allié sans pareil !

Outre l’aspect bien être, le silence s’avère être un outil incroyable. En effet, certaines entreprises utilisent le silence comme outil de productivité et d’inclusion. En effet, certaines personnes, lors de réunions ont du mal à se faire entendre et à prendre la parole. Et ce pour divers raisons : peur de dire quelque chose de faux, de bête, d’être jugé, de part leur personnalité introvertie.

C’est pourquoi des initiatives de réunions en silence ont vu le jour et ont déjà été adopté par de grandes entreprises comme Amazon ou Twitter.

L’objectif ? Permettre de se focaliser sur les différents points du jour en permettant à chacun d’écrire et de participer, sans que le bagage de notre personnalité prenne trop de place.

Mille et une utilisations du silence.

Un ou des silences ?

 Si le silence absolu n’existe pas, on pourrait alors le redéfinir par une absence de parole, une absence de mot. Au cours d’une conversation, son utilisation peut se multiplier, et son but aussi.

Pourtant, pour certains d’entre nous, le silence est synonyme de malaise, de gène. Si un silence survient au cours d’une conversation, ce n’est pas normal et il faut le remplir sous peine de voir le malaise s’agrandir, voire s’aggraver.  Et tout cela résulte de l’hyper activité dans laquelle nous vivons. Nous oublions trop souvent que le silence peut s’avérer aussi parlant que les mots. 

Nous pouvons ainsi marquer le silence pour éviter d’avoir à répondre, pour ne pas avoir à dire la vérité. Dans ce cas, nous pouvons arborer un silence coupable ou hésitant. Dans d’autres cas, nous pouvons utiliser le silence pour donner de la profondeur à nos propos, comme un moment pour laisser prendre pleinement conscience de ce que nous disons et laisser place à l’imagination.

Les utilisations du silence sont diverses et variées, nous pouvons également marquer le silence pour manifester notre étonnement, pour inciter à réfléchir, pour montrer notre présence, pour un moment de complicité, etc. 

Le silence ponctue nos phrases et nous permet de dépasser la portée des mots utilisés en laissant à notre interlocuteur le temps et de la place pour imaginer.  

En parlant de ponctuation, le silence est également utilisé en musique pour ponctuer et laisser vibrer les notes. Le silence est ainsi aussi important que le son. Ralentissons le tempo et commençons par écouter le silence.

Le silence en coaching

Durant les séances de coaching, et notamment celles réalisées par Catherine Roupié, le silence s’avère être un outil incroyable. 

Le silence est un outil puissant au service du client. En effet, par le vide ainsi créé par le silence, le client « plonge » en lui, dans son intériorité pour y puiser ses ressources. 

Le simple silence ne suffit pas. Le coach se veut sans intention, présent à son client de façon inconditionnelle et attentive, sans polluer leur espace commun de ses pensées, émotions, connaissances et/ou solutions… ; il s’agit donc d’une attitude fondamentale pour le coach qui s’apprend par la pratique.

Le silence est utilisé par le coach de façon variée en répétant un mot, via la reformulation ou simplement en posant une question à son client qui amène ce dernier à réfléchir. Le client crée le silence ; et le coach l’accompagne par sa présence, et son écoute, dans son intériorité, dans sa réflexion profonde…pour qu’il s’entende lui même. La relation de coaching est là. Le coach danse avec son client et il se laisse porter par lui. Le client fait un pas vers lui-même et avance vers son objectif.

Le coach, dans cette présence attentive, écoute son client et tout ce qu’il existe au-delà de ses propos : son intonation, le contexte, la danse des mots, les enjeux, les émotions…. L »écoute est alors systémique.

Ainsi, le silence permet l’écoute. Et, s’il suscite l’anxiété chez nous occidentaux, il est signe de respect pour d’autres cultures et il a toute sa place dans une relation de coaching. N’ayez plus peur d’écouter le silence.

En tant que manager ou bien dirigeant, quel temps prenez-vous pour vous ? pour faire une pause ? pour prendre du recul sur votre quotidien ? pour vous écouter dedans et dehors ? 

Se taire ne suffit pas, tout l’art du coaching réside à faire silence à des moments stratégiques pour accueillir vos pensées par la présence sans intention du coach. Prêt à vivre une expérience puissante et profonde à la fois ? 

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