Transmettre son entreprise familiale : une aventure humaine et émotionnelle

Découvrez comment réussir cette étape importante​

La transmission de la propriété et de la direction d’une entreprise est un phénomène aux enjeux multiples et qui revêt un caractère émotionnel essentiel, tout aussi important que le reste.

Pour autant, il s’agit aussi d’une action périlleuse qui voie 20% à 30% des transmissions échouées.

Dans cet article, je vous propose donc d’évoquer l’acte de transmettre, sous l’angle relationnel et au sein de l’entreprise familiale. En effet, une simple description des différentes étapes de la transmission d’une entreprise n’aurait ici que peu d’intérêt.

Au demeurant, la transmission est dans chaque acte que nous réalisons quotidiennement.

Mais alors qu’est ce que transmettre ? Quelles sont les conditions favorisant la réussite de la transmission ?

 

« Nous transmettons ce que nous savons, mais surtout, nous transmettons ce que nous sommes ».

Christophe André

Qu’est ce que transmettre ?

transmettre son entreprise

« Transmettre » vient du latin trans et mittere et signifie « envoyer de l’autre coté ». Les racines de ce mot désignent l’action de parcourir, la traversée.

La transmission nous concerne tous. Elle est au cœur de notre humanité : donner, recevoir, redonner. Nous avons reçu en héritage des savoirs, des valeurs, une culture, une histoire… et à notre tour nous allons transmettre. A nous de définir comment nous allons le faire.

De plus, au delà de tout cela, nous transmettons au quotidien à travers nos comportements, nos émotions et nos interactions avec l’autre ou avec les autres.

Dans ce sens, elle revêt un caractère qui touche à l’intime et la rend encore plus essentielle.

Dans la transmission, nous nous attachons souvent à l’objet de la transmission. Or, le savoir-transmettre, la façon de faire, est une compétence à développer pour aller au delà de l’objet même à transmettre. Comme dans la communication interpersonnelle : la forme a plus d’importance que le fond !

Par conséquent, transmettre son entreprise est bien avant toutes choses un processus relationnel, un chemin à parcourir et cela n’est pas synonyme d’une traversée en solitaire comme du Vendée Globe. Ce chemin conduit à partager ce que nous avons reçu de précieux et de le perpétuer pour que cela survive, nous survive, et pour qu’il croisse voire se transforme. Et pour cela, le repreneur doit apprendre à s’émanciper du cédant pour devenir, être lui même et réaliser ses missions de développement de l’entreprise.

Dans le cadre d’une entreprise familiale, le plus beau pour celui qui a créé est de le transmettre et que les enfants le fassent fructifier.

Ainsi, la transmission est source de joie tant pour celui qui donne que pour celui qui reçoit. Et la joie est contagieuse !

Alors, comment célébrez-vous la joie ? Quelles sont les transmissions qui vous ont construites ? Que transmettez-vous au quotidien ? Et que voulez-vous transmettre aujourd’hui comme demain ?

Créer un contexte favorable à la transmission

Ce que vous allez transmettre, votre entreprise ou bien autre chose, est bien sûr important et les conditions dans lesquelles cela se réalise l’est tout autant.

 Aussi, une transmission se prépare, s’anticipe. Les conditions de transmission sont à soigner car souvent sans repreneur, l’entreprise familiale est contrainte de fermer. Selon le baromètre de la transmission en France en 2012, 64% des dirigeants d’entreprises familiales souhaitent transmettre à un membre de leur famille et seuls 26% y parviennent.

Je vais même oser dire que dès que vous êtes en position de transmettre votre entreprise, c’est à dire dans votre position d’actionnaire principale et ou dirigeant, celle-ci est à préparer, à anticiper plusieurs années en amont pour qu’elle réussisse.

La charte familiale est un outil  à privilégier pour les dirigeants d’entreprise familiale. Elle permet d’envisager les formes possibles de transmission : en interne à l’entreprise, à l’externe de l’entreprise, à un membre de la famille, à un ou plusieurs repreneurs….Elle permet également d’anticiper la reprise en cas de défaillance du dirigeant.

En effet, j’ai récemment rencontré une épouse qui venait de perdre son mari. La répartition parts était de 25% madame et 75% monsieur. Elle a repris la gestion de son mari pour que l’entreprise puisse poursuivre son activité et payer les salaires et en même temps peu de choses ont été préparées en amont et la situation a été complexe pour la personne sur de très nombreux volets. Si cette situation avait été anticipée, les choses auraient pu se dérouler différemment.

Hériter de l’entreprise familiale, cela revient à hériter d’une vie, d’une histoire à respecter et à écrire pour demain. L’entreprise familiale fait souvent partie de la vie des futurs repreneurs potentiels : ils ont grandi avec l’entreprise, sujet de conversation de tout instant. De générations en générations, l’aventure continue et la tradition est préservée même si elle évolue et s’adapte avec son temps.

Reprendre une entreprise familiale pour les nouvelles générations peut être source d’hésitations notamment si les transmissions antérieures ont été complexes voire houleuses. Aussi, le contexte de la transmission a son importance.

Pour le cédant, il convient de se résoudre à passer le flambeau, à se retirer doucement, à écrire une nouvelle page, à accepter que l’entreprise vive sans lui, à gérer le processus émotionnel de cette action….

Enfant nous apprenons à marcher et à un moment notre parent, père ou mère, nous lâche la main en espérant que nous ne tombions pas trop. La confiance en l’autre est ainsi un facteur de réussite à la transmission et à l’établissement d’un contexte favorable à celle-ci.

Pour le repreneur familial, il s‘agit de savoir prendre le temps, d’acquérir les compétences techniques comme relationnelles attendues pour la fonction et renaitre d’une certaine façon en écrivant une nouvelle page : c’est à la fois émouvant, passionnant et parfois effrayant. Ensuite, il s’agit pour le repreneur de se rendre légitime et passer de l’outsider à l’insider et se faire respecter.

Pour le repreneur extérieur à l’entreprise familiale, l’exercice peut s’avérer ajouter une complexité : celle de comprendre la culture de l’entreprise où famille et entreprise sont étroitement liées et ainsi réussir la transition.

Et les émotions se mêlent et s’entremêlent jusqu’à devenir ambivalentes :

  • La joie de voir un membre de sa famille prendre les rennes de l’entreprise comme ce fut le cas pour vous par le passé et
  • La peur de voir « votre » entreprise (bébé ou enfant virutel) aux mains d’une tierce personne même si elle est de la famille. Votre investissement humain, affectif dans l’entreprise est difficile à mesurer et en même temps il peut s’avérer être un frein à la transmission.

Comment allez-vous transmettre votre savoir-faire, vos compétences de DG ? Comment allez-vous recevoir cet héritage en tant que repreneur ? Comment allez-vous assurer la pérennité de l’entreprise familiale sans tourner le dos au passé et vous tourner vers le futur ? Quid du volet émotionnel de la transmission : comment allez-vous vous approprier cet aspect tout particulier ?

Réflexions puis Action !

La transmission est un acte quotidien.  Aussi, transmettre son entreprise devient un acte de gestion courante qui se prépare à l’aide d’un plan de transmission pour qu’elle soit choisie et non subie.

Alors selon vous, quels sont les jeux et enjeux de la transmission de votre entreprise familiale ? Oserez-vous vous avancer sur votre chemin en conscience ? 

 

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